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Sondage LCP

Populisme : la France, "pays malade" en Europe ?

Kantar Public publie lundi une enquête pour LCP sur "Les européens et le populisme". Réalisée dans quatre pays de l'Union européenne - la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni -, cette étude montre les disparités de perception des populations à l'égard de leur vie politique. La réussite économique, rempart contre le populisme ? Voilà les principaux enseignements à tirer de cette étude.
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Etude Kantar Public pour La chaîne parlementaire - Assemblée nationaleEtude Kantar Public pour La chaîne parlementaire - Assemblée nationale

L'institut Kantar Public a passé quatre pays européens à la loupe afin de connaître les impressions des Français, Allemands, Néerlandais et Britanniques sur leurs institutions politiques et démocratiques.

Perte de confiance des Français dans leurs élites

Des quatre pays sondés, les Français sont ceux qui expriment la plus forte défiance vis-à-vis de leurs élites. 81% des Français jugent en effet que depuis plus de 20 ans, "les élites dans notre pays ont complètement échoué". À l'inverse, seuls 28% d'Allemands expriment le même sentiment, soit 53 points de moins. Près de 9 Français sur 10 (86%) considèrent aussi que le personnel politique ne comprend pas les problèmes des citoyens, un sentiment partagé par nos voisins, mais dans une moindre proportion, que ce soit au Royaume-Uni (74%), en Allemagne (61%) ou aux Pays-Bas (55%).

Les Français plus enclins à un retour du peuple dans la politique

Signe supplémentaire de la perte de confiance dans les élites françaises : sur les quatre pays étudiés, les Français sont les plus nombreux à souhaiter une implication plus importante de citoyens dans la vie politique au détriment des "politiciens professionnels".

La France est également le seul pays où, majoritairement, 57% des sondés pensent qu'accepter un compromis c'est renoncer à ses "principes". Une proportion révélatrice de la tradition française plutôt versée vers l'affrontement politique que la concertation.

Crise des corps intermédiaires

Si la démocratie, les institutions européennes, l'euro ou les élections restent majoritairement approuvés par les citoyens français - bien moins néanmoins que l'Allemagne - les syndicats, les médias, les partis politiques semblent complètement discrédités.

Seuls 17% des Français ont une bonne opinion des mouvements politiques, 35% pour les médias, 36% pour les syndicats... Chez les 82 millions d'Allemands le sentiment est tout autre : les syndicats sont vus de manière positive par 79% des Allemands, les médias par 67% des Allemands, soit plus du double de la France... Quant aux partis politiques, les Allemands interrogés sont presque six fois plus nombreux à avoir d'eux une bonne opinion.

La "bulle" allemande

Le directeur politique et opinion de Kantar Public, Edouard Lecerf, note, lundi dans Politique matin, le retournement historique de l'Allemagne "homme malade" des années 1990 qui aujourd'hui triomphe sur tous ses voisins européens. "L'Allemagne est dans une situation tout à fait étonnante, sur l'ensemble des dimensions, l'Allemagne a aujourd'hui une forme de bouclier par rapport au fonctionnement de la démocratie. Ils sont dans une sorte de bulle un peu heureuse."


Les échantillons des personnes interrogées :