twitter facebook chevron-right

Autonomie ou alliance, la gauche face à son premier test électoral

Cinq listes de gauche aux Européennes de l'an prochain? En recomposition ou en devenir, les formations de gauche risquent de se présenter éparpillées pour ce qui apparaît comme le premier grand test électoral pour l'opposition.

En recomposition ou en devenir, les formations de gauche risquent de se présenter éparpillées aux élections européennesEn recomposition ou en devenir, les formations de gauche risquent de se présenter éparpillées aux élections européennes

Cinq listes de gauche aux Européennes de l'an prochain? En recomposition ou en devenir, les formations de gauche risquent de se présenter éparpillées pour ce qui apparaît comme le premier grand test électoral pour l'opposition.

Sortis anéantis de la séquence électorale, le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste ont entamé depuis l'été un laborieux chemin de refondation dont l'aboutissement ne sera pas visible avant des mois. 

De son côté, le mouvement Générations de Benoît Hamon vient juste de fixer son premier organigramme et travaille à un projet européen transnational avec le Grec Yanis Varoufakis notamment. 

Seule à s'être déjà structurée, avec une campagne présidentielle réussie, des expériences militantes innovantes et un groupe solide à l'Assemblée nationale, La France insoumise apparaît déjà en mesure de se mettre en ordre de marche pour 2019. 

Un de ses principaux responsables, Manuel Bompard, estime d'ailleurs que le mouvement pourrait établir sa liste dès juin. Voire "présenter un processus global" pour les quatre élections intermédiaires, européennes, municipales, départementales et régionales, avec une "campagne nationale" chaque fois, et la possibilité pour les candidats de ne se présenter qu'une seule fois en position éligible.

Pas question pour Jean-Luc Mélenchon de sacrifier au rassemblement, lui qui assimile les alliances électorales à des "étouffoirs".

La LFI force même le trait, affirmant que les autres formations n'ont "pas le même projet" pour l'Europe, puisqu'elles se refusent toutes à avancer la menace d'un retrait simultané de plusieurs pays de l'Union européenne - le "plan B" de la construction européenne - pour peser davantage sur les négociations notamment avec l'Allemagne.

La question de la tête de liste n'est pas non plus un réel problème, avec trois prétendants peu connus du grand public, M. Bompard, la coordinatrice du programme Charlotte Girard, et le sortant Younous Omarjee, dont la légitimité au sein du mouvement n'est pas à prouver. 

- 'Volonté de se compter' ?-

Au PS, l'enjeu de ce scrutin, le premier après l'effondrement de la présidentielle et des législatives, pousse à privilégier l'autonomie stratégique, dans un scrutin qui traditionnellement ne fascine pas les Français. 

Le commissaire européen Pierre Moscovici (PS) assurait fin janvier au bureau national, selon un participant, sa conviction qu'"il y a un espace pour nous", qu'il nomme "l'euro-socialisme", avec une position dynamique sur la scène européenne mais "un discours de gauche sur les inégalités européennes". L'ancien ministre de François Hollande, qui n'exclut pas de conduire la liste, espère en privé un "score à deux chiffres" pour le PS. 

Restent les trois autres formations, plus ouvertes à la discussion. 

"Entre le libéralisme débridé et le nationalisme étriqué, il y a une troisième voie et nous ne lâcherons pas l'affaire", affirme David Cormand, le secrétaire national d'EELV, qui compte six sortants. Après avoir soutenu Benoît Hamon à la présidentielle, le parti écologiste, en pleine refondation, pourrait trouver une plate-forme commune avec Générations.

"Il y a un rendez-vous historique pour créer une alliance", estime Isabelle Thomas, députée européenne qui a rejoint Générations. Pour elle, "il y a un espace: les gens attendent une proposition politique qui soit pro-européenne et de gauche, il y a cette attente et rien sur le marché".

Défendant son "fédéralisme", Benoît Hamon assure cependant qu'il est envisageable de "mener des politiques qui ne soient pas austères en Europe tout en restant à traités constants". 

Une notion qui coince au Parti communiste. "Nous concevons les choses dans le rassemblement, nous cherchons des convergences", explique Anne Sabourin, en charge des questions européennes au PCF. Mais elle ne pense pas, par exemple, "possible de porter la transformation de l'Europe à traités constants" et juge la menace du plan B "petit bras" pour la France. 

Le PCF espère en tout cas que "la volonté de se compter" ne l'emporte pas dans les formations de gauche. Ne se faisant guère d'illusion cependant, il a demandé que le seuil de 5% des voix, à partir duquel on peut faire entrer des députés au Parlement européen, soit abaissé à 3%.