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Matignon délocalisé trois jours dans le Cher

Édouard Philippe et la plupart de ses conseillers s'installent pour trois jours dans le Cher, de mercredi à vendredi, pour une "délocalisation" de Matignon, lors de laquelle le Premier ministre et sa garde rapprochée doivent sillonner le département.

Le Premier ministre Édouard Philippe en Mayenne le 23 avril 2018Le Premier ministre Édouard Philippe en Mayenne le 23 avril 2018

Édouard Philippe et la plupart de ses conseillers s'installent pour trois jours dans le Cher, de mercredi à vendredi, pour une "délocalisation" de Matignon, lors de laquelle le Premier ministre et sa garde rapprochée doivent sillonner le département.

Le chef du gouvernement doit commencer son périple mercredi matin avec la visite d'un marché aux bestiaux à Sancoins, dans le sud-est du département, avant une visite d'une exploitation agricole et des échanges avec les acteurs agricoles locaux.

Le Premier ministre doit l'après-midi se rendre à l'abbaye de Noirlac, pour défendre le tourisme culturel, et dans une maison de santé pluridisciplinaire, alors que le Cher est particulièrement frappé par les difficultés à trouver des médecins.

Dans le même temps, Emmanuel Macron poursuivra son périple en Australie, puis en Nouvelle-Calédonie.

Dans l'entourage du Premier ministre, on loue cette "délocalisation" pour "se confronter aux Français et aux questions qu'ils se posent dans les politiques gouvernementales".

Une première expérience avait été testée en à l'automne, dans le Lot: à l'issue de la deuxième Conférence nationale des territoires organisée le 12 décembre à Cahors, le chef du gouvernement avait fait une tournée en plusieurs étapes du département. Il était alors accompagné de plusieurs ministres et de la quasi-totalité de son cabinet.

Pour cette deuxième édition, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, le secrétaire d'État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, son homologue auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Delphine Gény-Stephann, et celui auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, sont attendus sur place.

Jeudi, une partie de la délégation ministérielle doit notamment visiter un laboratoire et échanger avec des élèves entrepreneurs, alors que les trois jours de séminaire doivent mettre l'accent sur le volet économique, dans un département où un quart de la population est employé dans l'industrie.

Un déplacement à Vierzon, l'une des 222 villes bénéficiaires du "plan action cœur de ville" annoncé fin mars par le gouvernement, est également prévu.

Vendredi matin, MM. Philippe et Le Maire doivent enfin se rendre dans un centre de ressources technologiques à Bourges, la préfecture de ce département du centre de la France.

- "Capteurs" sur le terrain -

En parallèle du programme du Premier ministre, la plupart de ses conseillers vont également enchaîner leurs propres visites, chacun en rapport avec son domaine de compétence, "pour prendre du temps et trouver des solutions innovantes auxquelles on ne pense pas toujours à Paris", indique-t-on dans l'entourage du chef du gouvernement.

L'objectif est également de créer des liens avec les représentants de l'État sur le territoire, afin d'avoir des "capteurs", notamment pour identifier les difficultés de mise en œuvre des politiques gouvernementales.

Le choix du Cher, dont 98% des axes routiers sont bi-directionnels et donc soumis à l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée à partir du 1er juillet, ce qui suscite la colère  d'automobilistes soutenus par de nombreux élus, "montre qu’Édouard Philippe veut se confronter aux inquiétudes et aux difficultés", "sans éluder les questions", estime par ailleurs son entourage.

Deux autres délocalisations des services du Premier ministre doivent avoir lieu en juin et en juillet, mais pas forcément dans des départements ruraux comme les deux premières, a en outre précisé cette même source.

"Ça permet d'enrichir le travail des conseillers, de rappeler la transversalité", fait-on encore valoir.

D'autres initiatives de ce genre ont eu lieu par le passé pour tenter de sortir le pouvoir de Paris et de le rapprocher des citoyens.

En septembre 2007, quelques mois après son élection à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy avait notamment organisé un Conseil des ministres délocalisé à Strasbourg.