twitter facebook chevron-right

PS: Le Foll se lance à son tour dans la bataille

Après Luc Carvounas, l'ancien porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll s'est à son tour lancé mardi dans la bataille pour prendre la tête du PS, faisant ressurgir le spectre de la guerre des ego dans un parti aux abois.

Stéphane Le Foll lors de la présentation de son livre à l'occasion de la Foire du livre de Brive, le 11 novembre 2017Stéphane Le Foll lors de la présentation de son livre à l'occasion de la Foire du livre de Brive, le 11 novembre 2017

Après Luc Carvounas, l'ancien porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll s'est à son tour lancé mardi dans la bataille pour prendre la tête du PS, faisant ressurgir le spectre de la guerre des ego dans un parti aux abois.

Le député de la Sarthe, âgé de 57 ans, a fait part de sa décision dans une interview au Maine Libre.

"J'ai donc décidé de relever le défi, ou plutôt les défis qui sont face à nous, en présentant un projet devant les militants", a déclaré M. Le Foll, à quelques semaines de la clôture des candidatures pour le poste de premier secrétaire, le 27 janvier. Pour l'heure, seuls se sont déclarés le député Luc Carvounas, ancien lieutenant de Manuel Valls, et le député européen Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche du parti.

L'ancien ministre de François Hollande fait le lien entre son entrée en lice et le récent renoncement de Najat Vallaud-Belkacem. "Najat Vallaud-Belkacem a pris sa décision, que je respecte. Nous avons servi ensemble dans les mêmes gouvernements et je salue son engagement car nous aurons besoin d'elle", explique-t-il.

L'annonce de M. Le Foll a été diversement accueillie par ses camarades. Si l'ancien ministre du Travail François Rebsamen a salué une "bonne nouvelle pour les socialistes", le trésorier du parti Jean-François Debat s'est montré beaucoup moins enthousiaste.

"La refondation du Parti socialiste et de la gauche ne passera pas par des parcours individuels, mais par le retour du collectif et un vrai renouvellement. On ne bâtira pas l’avenir sur le passé. Chacun de ceux qui +y pensent+ devraient y songer avant de +se lancer+ seuls...", a ironisé sur Twitter ce membre de la direction collégiale du PS.

- + Concours de beauté + -

"Il faut se rassembler, ce n'est pas un concours de beauté", a intimé sur RFI le coordinateur du PS Rachid Temal. Le sénateur du Val-d'Oise, qui souhaite que "la majorité sortante (...) n'ait qu'un seul candidat", devrait tenter d'en convaincre ses camarades lors d'une réunion de la majorité à Solférino mardi soir.

Mais en l'absence d'un poids lourd qui emporte la décision, la perspective d'une candidature unitaire de l'ancienne motion A (soutenue par Jean-Christophe Cambadelis et majoritaire au Congrès de Poitiers en 2015) semble s'éloigner à grands pas: après MM. Carvounas et Le Foll, le président du groupe PS à l'Assemblée Olivier Faure devrait se déclarer "disponible", selon son entourage.

M. Temal n'exclut pas non plus d'être candidat, de même que le conseiller régional et ami de François Hollande Julien Dray.

Si Stéphane Le Foll peut se targuer d'une plus grande notoriété que ses concurrents, sa candidature est loin de faire l'unanimité, y compris parmi les "Hollandais". "Stéphane Le Foll ne peut pas incarner le renouveau du PS", tranche un ancien député. "Il a été dix ans le directeur de cabinet de François Hollande, il défend sans discernement le quinquennat, je ne pense pas qu'aujourd'hui il puisse incarner ce à quoi aspire les militants du PS", argumente-t-il.

Autre grief: Stéphane Le Foll fait partie des quelques députés PS qui n'ont pas eu à affronter de candidat LREM lors des législatives. "Il a été épargné par le roi en vertu d'un accord dont on ne connaît pas les fondements. Il est difficile de demander à des troupes de suivre un général qui n'a pas combattu", raille cette source.

Devançant ces critiques, M. Le Foll se revendique dans Le Maine libre "dans l'opposition" au chef de l'Etat, et rappelle qu'il a voté "contre le budget". Interviewé sur RMC et BFMTV, il s'est par ailleurs dit opposé à la circulaire Collomb sur le recensement des migrants et à la baisse du nombre de parlementaires.

Pour beaucoup de responsables du PS, Olivier Faure est aujourd'hui celui qui peut le mieux prétendre à rassembler les siens. "La bonne personne c'est Faure. Il a su conserver la distance nécessaire par rapport au quinquennat (...) En se présentant, Stéphane Le Foll s'expose à faire perdre une deuxième fois François Hollande", dit un de ses partisans.