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Déficit public : Pierre Moscovici appelle la France "à poursuivre l'effort"

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières se réjouit que la France ait réussi à passer sous les 3% de déficit public en 2017. Il se dit prêt à acter la sortie de la France de la procédure de déficit excessif... à la condition qu'elle confirme ses efforts en 2018 et 2019.

Des encouragements mais pas de félicitations. Invité lundi dans Politique matin, le commissaire européen chargé des Affaires économiques et financières a commenté les derniers chiffres de l'Insee sur le niveau du déficit public français, situé à 2,6% en 2017 (contre 3,4% en 2016).

"La France est maintenant nettement en dessous de 3% de déficit. La France connaît un succès, juge Pierre Moscovici. C'est une bonne nouvelle. La France devrait pouvoir sortir de la procédure de déficit excessif." Un conditionnel de la part de l'ancien ministre de l'Économie qui, prudent, attend les grandes orientations pour 2018 et 2019.

"Nous allons attendre les plans du gouvernement..."

Les instances européennes décideront "au mois de mai" si oui ou non la France sortira de la procédure de déficit excessif. Pierre Moscovici se dit confiant : "Je n'ai pas de doutes aujourd'hui que la France sortira de la procédure de déficit excessif, je m'en réjouis." Un satisfecit, suivi immédiatement d'un nouveau rappel à continuer cette trajectoire pour, dans un deuxième temps, faire baisser la dette française (2 200 milliards d'euros en 2017).

"La moyenne des déficits dans la zone euro elle est n'est pas à 3% ou à 2,6%, elle est à 0,9%." Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des Affaires économiques

Le commissaire français rappelle que "le niveau de la dépense publique" dans le PIB français est l'un des plus élevés au monde. "Nous sommes le seul pays où nous sacralisons encore les 3%. Ce n'est pas une cible, c'est une limite absolue !, prévient Pierre Moscovici. Nos partenaires, c'est 0,9% et probablement encore un peu moins en 2018..."

"La priorité doit être la réduction de la dette"

Grâce au sursaut de la croissance française en 2017 et les rentrées fiscales supplémentaires, certains politiques et médias ont invoqué l'idée d'une "cagnotte fiscale" de quelque 4 milliards d'euros. Une idée battue en brèche par Pierre Moscovici : "Il n'y a pas de cagnotte ! Une cagnotte ça existe si on était à 0,5% de déficit public du PIB... La meilleure façon de financer les services publics c'est de réduire la dette."

"Si demain la conjoncture se renverse, la France redevient extrêmement vulnérable. Nous ne sommes pas sortis de la zone où les efforts sont nécessaires !" Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des Affaires économiques

Taxe sur les GAFAM : Moscovici appelle les "grands États" de l'UE à se mobiliser

Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft ne payent que des impôts dérisoires dans l'Union européenne. Pierre Moscovici prépare une taxe de 3% sur le chiffre d'affaires des entreprises du numérique dans objectif de récolter 5 milliards d'euros. Le commissaire européen appelle les tats à pousser sa proposition.


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