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Droit d'asile : "Utiliser tous les moyens pour appliquer les décisions de justice", dit Castaner

Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement a défendu, lundi dans Politique matin, le futur projet de loi 'Asile et immigration' du gouvernement, notamment l'expulsion des migrants économiques déboutés du droit d'asile, y compris par avion.

Ferme. Christophe Castaner tient le cap de l'exécutif sur le projet loi 'Asile et immigration' : "Une personne qui fait l'objet d'une décision de justice, qui doit retourner dans son pays, doit faire l'objet d'un retour dans son pays avec tous les moyens que nous pouvons utiliser. Des moyens humains, respectueux", affirme le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement qui prône le traitement des migrations "à la source" par le "co-développement" et surtout par la mise en place de 'hot-spots' depuis les pays de départ des migrations de la mer Méditerranée.

Interrogé sur le renvoi des migrants par avions "charters" le secrétaire d'Etat assure, tout en cherchant ses mots, ne pas "trouver cela choquant".

Échec de l'intégration depuis 30 ans, selon Castaner

"On a un devoir de vérité." Christophe Castaner défend l'expulsion des migrants économiques déboutés du droit d'asile et juge sévèrement les politiques des anciens présidents de la République : "Est-ce qu'on a réussi l'intégration de celles et ceux qu'on accueille depuis plus de 30 ans en France ? La réponse est non. Donnons-nous les moyens d'accueillir et de réussir cette intégration."

Le rappel aux députés LREM de leur engagement en faveur d'Emmanuel Macron

Christophe Castaner, par ailleurs délégué général de LREM, assure que la question de la députée La République en marche Sonia Krimi - dénonçant les conditions de vie des migrants dans les centres de rétention - est partagée par "tous les parlementaires". Pour autant, Christophe Castaner s'empresse de battre le rappel des députés de la majorité : "Tous les parlementaires savent aussi quelle était le discours d'Emmanuel Macron pendant la campagne."

"Il ne faut pas laisser croire que l'on peut sans difficultés accueillir les 300 000 'dublinés', qui n'ont pas été reconnus avec un statut de réfugié en Allemagne, ou le million de personnes qui est en Libye et aspire à venir en Europe. Nous n'avons pas cette capacité de bien intégrer", tranche Christophe Castaner.

"Est-ce que ces agents de l'Ofpra et de l'Ofii sont des agents de la Gestapo ?"

Sous le feu des critiques, notamment de Julien Dray ou de Benoît Hamon, le patron d'En marche dénonce la méthode et les mots utilisés. Le conseiller régional socialiste Julien a dénoncé, dimanche sur BFMTV, des futures "rafles" dans les centres d'hébergements d'urgence suite à la circulaire Collomb ? "C'est une petite insulte faite aux agents de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration) qui vont se rendre sur place, dit Castaner. Est-ce que ces agents, vu qu'on parle de rafles, sont des agents de la Gestapo ?!, s'indigne Christophe Castaner. Le débat mérite un peu mieux que cela. Julien Dray devrait se souvenir des propos de François Mitterrand de Michel Rocard qui étaient sur cette ligne-là."

Les semaines à venir, et notamment la présentation, en avril, au Parlement du projet de loi asile et immigration, promettent des débats mouvementés.


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