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EDF : "Notre obsession : ne jamais avoir de Fukushima" en France

Sept ans après la catastrophe nucléaire au Japon, le directeur d'EDF chargé de la sûreté du parc de réacteurs nucléaires français a minimisé tout risque d'une "contamination à long terme" en cas d'accident grave. Interrogé par les députés de la commission d'enquête parlementaire, il décrit la façon par laquelle l'entreprise réagirait en cas d'incident majeur sur l'une de nos centrales.

Les 19 centrales nucléaires françaises et leurs 58 réacteurs en activité sont-ils fiables ? Que se passerait-il en cas de panne ? D'une attaque terroriste ? C'est à ces questions que tentent de répondre les députés de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations. Ils auditionnaient jeudi Dominique Minière, le directeur du parc nucléaire et thermique d'EDF.

Pendant près de trois heures, le dirigeant a tenté de rassurer la représentation nationale sur la robustesse de nos installations face à l'usure ou aux agressions extérieures.

Le spectre de Fukushima

Son obsession ? "Ne jamais avoir de Fukushima". Sept ans après la très grave catastrophe japonaise, Dominique Minière assure que l'électricien français a tiré les leçons de cette catastrophe. EDF a injecté "200 millions d'euros par réacteur" pour les mettre à niveau, et le personnel dédié aux centrales passerait désormais "10 % de son temps" à se former.

Dans "l'hypothèse extrêmement faible" d'un accident nucléaire, "on peut garantir que nous n'aurons jamais de contamination long terme des territoires", promet Dominique Minière.

Le cadre dirigeant d'EDF met en avant la mise en place d'une force de projection rapide, une structure mise en place pour apporter de l'eau et de l'électricité en cas de début de fusion d'un réacteur après un accident :

On a décidé de mettre en place une force d'action rapide nucléaire composée non pas de sous-traitants mais de gens de chez nous et qui demain, en cas de problème extrême, pourra se projeter sur site.Dominique Minière, directeur exécutif d'EDF chargé de la sûreté du parc nucléaire

Un doute sur une pièce ? "On remplace"

Le responsable a aussi été interrogé sur la conformité de certaines pièces équipant des centrales, des pièces à la fiabilité controversée, comme la cuve du nouveau réacteur EPR de Flamanville censé être inauguré à la fin de l'année. Sur ce sujet, Dominique Minière assure avoir une règle intangible :

Est-ce acceptable ou pas du point de vue de la sûreté ? Si ça ne l'est pas, il n'y a pas à discuter, on remplace.Dominique Minière, directeur exécutif d'EDF chargé de la sûreté du parc nucléaire

Alors que la question du renouvellement du parc nucléaire se fait de plus en plus pressante, Dominique Minière réaffirme que, d'un point de vue technique, "nos réacteurs pourront être exploités jusqu'à soixante ans". La centrale de Fessenheim, la plus ancienne actuellement en service, fête cette année ses 40 ans. Sa fermeture est prévue à partir du début 2019.

Quid de la menace terroriste ?

Les députés ont aussi mis l'accent sur la résistance des installations, après les intrusions de militants écologistes soucieux de prouver leur fragilité : "Aucune intrusion réelle n'a jamais permis aux personnes qui les ont menées de pénétrer à l'intérieur d'une zone vitale", tranche Dominique Minière.

Par ailleurs, le dirigeant d'EDF dit avoir fait tester "les équipements dont bénéficient les terroristes". Une opération menée de concert avec le ministère de la Défense qui est coresponsable de la sécurité des sites. Résutat : Dominique Minière assure que l'armement testé n'est pas de nature à "remettre en cause la sûreté" des réacteurs.

Et en cas d'attentat par les airs, comme lors du 11 septembre ? "Les interdictions de survol existent, c'est la première parade", explique Dominique Minière. Selon lui, les études montrent qu'une chute d'avion ne conduirait pas au "dénoyage des piscines" qui stockent les "assemblages de combustibles", situés à "7 à 8 mètres sous l'eau".

Un point contesté par le responsable nucléaire de Greenpeace France, qui a déclaré devant la mission d'information parlementaire que "tout le monde sait que les installations nucléaires ne résistent pas aux chutes d'avions".