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Limitation du droit d'amendement : l'opposition dénonce le "bâillonnement" du Parlement et quitte l'hémicycle

Philippe Gosselin (LR) a vivement critiqué, mercredi, le projet du gouvernement visant à contingenter le nombre d'amendements en fonction du poids des groupes politiques. Loin de calmer les inquiétudes de l'opposition, la réponse de la ministre de la Justice a au contraire provoqué le départ de tous les groupes d'opposition. Regardez.

C'est la ligne rouge de tous les députés d'opposition, et même d'une partie de la majorité. Depuis qu'Édouard Philippe envisage de réformer le droit d'amendement des parlementaires, les critiques pleuvent.

Dernier exemple en date mercredi, lors des questions au gouvernement. Le député LR Philippe Gosselin s'est inquiété à son tour du projet de l'exécutif, qui entend limiter le nombre d'amendements défendus par chaque parlementaire par un quota calqué sur le poids de sa famille politique à l'Assemblée et au Sénat :

Nous ne pouvons pas accepter que l'opposition soit bâillonnée, c'est le peuple qui serait bâillonné, c'est les Français qui seraient bâillonnés. Alors oui ou non, allez-vous renoncer à vos projets ?Philippe Gosselin, député Les Républicains de La Manche

"Je ne crois pas que le gouvernement ait pour ambition de bâillonner nos représentants", a d'abord répondu Nicole Belloubet. Avant de prononcer cette phrase qui a mis le feu aux poudres :

Je crois, M. le député Gosselin, qu'il faut cesser de confondre la forme, c'est-à-dire le nombre, et le fond, c'est-à-dire la qualité !Nicole Belloubet, ministre de la Justice

Les applaudissements des élus de La République en marche - mais pas du MoDem - ont vite été couverts par les huées à gauche et à droite. La ministre n'a pas pu terminer son intervention, et tous les groupes d'opposition ont quitté l'hémicycle : Les Républicains, Nouvelle Gauche, les communistes (GDR), La France insoumise, ainsi que les députés Front national.

>>> Regardez les réactions des députés

Après plusieurs minutes mouvementées, François de Rugy a tenté ensuite de ramener le calme et à appeler ses collègues à revenir dans l'hémicycle.

Dans une interview au Monde, le patron de l'Assemblée nationale lui-même s'était déclaré contre la réforme voulue par le gouvernement : "Je n’y suis pas favorable. Cela n’a été proposé ni par l’Assemblée nationale ni par le Sénat. Et cela n’a jamais été évoqué par le président de la République."